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Diffuser de la radio en magasin : pourquoi et comment le faire légalement

7 min de lecture Mis à jour le 11 avril 2025
Comment et pourquoi diffuser de la radio dans un magasin

L'ambiance sonore d'un point de vente fait partie intégrante de l'expérience client. Des études comportementales le confirment régulièrement : la musique influence le tempo des achats, la perception des prix et la durée moyenne passée en magasin. Diffuser une radio ou une playlist adaptée à sa clientèle n'est pourtant pas une démarche aussi simple qu'il n'y paraît, elle implique des obligations légales précises et des choix techniques qui méritent réflexion. Voici ce qu'un commerçant ou gérant d'espace de vente doit savoir avant d'appuyer sur lecture.

L'essentiel

Diffuser de la radio ou de la musique dans un commerce est légalement assimilé à une communication au public, ce qui implique l'obtention d'autorisations auprès de la SACEM (droits d'auteur) et de la SPPF/SCPP (droits voisins des producteurs de phonogrammes). Ces droits se paient sous forme de redevances annuelles calculées selon la superficie du local et le type d'activité. L'utilisation d'une radio commerciale classique (FM ou streaming) sans autorisation préalable constitue une infraction passible de poursuites.

Solutions de diffusion sonore en commerce : comparatif

SolutionAvantagesÀ prévoir
Radio FM classique (récepteur)Simple, économique, pas de gestion de contenuPublicités des concurrents, peu de personnalisation
Webradio ou streaming professionnelContenu ciblé, zéro publicité concurrente, image de marqueAbonnement mensuel, connexion internet requise
Playlist musicale locale (NAS ou lecteur)Contrôle total, pas de dépendance réseauGestion de la bibliothèque musicale, mises à jour manuelles
Système de sonorisation centraliséMulti-zones, pilotage à distance, qualité audio professionnelleInvestissement initial plus élevé, installation requise

Mettre en place une diffusion sonore en magasin : les étapes essentielles

  1. Comprenez vos obligations SACEM avant tout : toute diffusion de musique ou de radio dans un espace ouvert au public, boutique, restaurant, salon de coiffure, salle d'attente, galerie commerciale, constitue une communication au public soumise à des droits d'auteur. La SACEM collecte ces droits pour le compte des auteurs, compositeurs et éditeurs. La déclaration et le paiement des redevances se font directement auprès de la SACEM via leur portail en ligne. Les tarifs sont calculés selon la superficie du local, le type d'activité commerciale et le nombre de jours d'ouverture. La SACEM publie des grilles tarifaires accessibles sur son site pour estimer le coût annuel.
  2. Déclarez également auprès des sociétés de droits voisins : en parallèle de la SACEM, la diffusion de phonogrammes (enregistrements commerciaux) implique le paiement de droits voisins aux producteurs et aux artistes interprètes. Ces droits sont collectés par la SPPF (pour les producteurs indépendants) et la SCPP (pour les majors). En pratique, la SACEM gère souvent les déclarations de façon centralisée pour certaines catégories d'activités, mais il est recommandé de vérifier auprès de votre interlocuteur SACEM local que l'ensemble des droits est bien couvert par votre contrat.
  3. Choisissez votre équipement de sonorisation selon la superficie et l'acoustique : pour un petit commerce de moins de 100 m², une enceinte active de qualité correcte suffit dans la plupart des cas. Pour des espaces plus grands ou multi-zones (magasin sur plusieurs niveaux, terrasse + intérieur), un système de sonorisation distribué avec amplificateur central et plusieurs haut-parleurs encastrés au plafond offre un meilleur rendu sonore et une couverture uniforme. Des spécialistes comme RadioShop proposent des solutions de sonorisation professionnelle adaptées aux commerces, de l'installation simple aux systèmes multi-zones pilotés à distance, avec des conseils sur le niveau sonore optimal et le positionnement des haut-parleurs selon la configuration du local.
  4. Optez pour un contenu sonore adapté à votre clientèle : la radio FM généraliste présente un inconvénient majeur pour les commerçants : les publicités des concurrents. Plusieurs solutions existent pour y échapper. Les services de streaming musical professionnel (Soundtrack Your Brand, Storeplay, Jamendo Business) proposent des catalogues musicaux définis par ambiance, tempo et style, avec des droits SACEM intégrés à l'abonnement dans certains cas, vérifiez les conditions selon votre pays. Certains réseaux de franchise ou enseignes nationales fournissent une webradio de marque à leurs points de vente, garantissant une cohérence sonore dans l'ensemble du réseau.
  5. Réglez le volume selon les recommandations légales et le confort : la diffusion sonore en commerce est également encadrée sur le plan du volume sonore. La réglementation française (décret du 7 août 2017) impose des niveaux maximaux dans les lieux musicaux accueillant du public et recommande des plages de repos sonore. Pour un commerce standard, le bon niveau se situe entre 70 et 80 dB(A) en ambiance normale, suffisant pour être entendu sans couvrir les conversations. Un niveau trop fort dégrade l'expérience client et fatigue les collaborateurs. Un niveau trop faible perd tout effet sur l'ambiance.
Mise en garde

Utiliser un abonnement Spotify, Apple Music ou Deezer "personnel" pour diffuser de la musique dans un commerce est une infraction aux conditions d'utilisation de ces services et aux droits d'auteur. Ces abonnements sont strictement réservés à un usage privé. Les services professionnels équivalents (Spotify Business, Soundtrack Your Brand) existent et incluent les droits de diffusion commerciale dans leur tarif, leur coût est bien supérieur aux abonnements grand public mais reste inférieur aux risques d'un contrôle SACEM. La SACEM effectue des contrôles dans les commerces et peut dresser des constats d'infraction.

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L'impact de la musique sur le comportement d'achat

La recherche en comportement du consommateur a accumulé depuis les années 1980 de nombreuses données sur l'influence de la musique en point de vente. Le tempo affecte la vitesse de déambulation : une musique lente ralentit le parcours client et allonge le temps en magasin ; une musique rapide accélère le flux et peut augmenter le volume de transactions dans les commerces à forte affluence. Le genre musical influence la perception du positionnement prix : une musique classique dans une cave à vins génère une augmentation mesurable des ventes de bouteilles haut de gamme par rapport à une musique pop générique.

Ces effets sont bien réels mais modestes en amplitude, et dépendent fortement de la cohérence entre l'ambiance sonore, le décor, le type de produits et les habitudes de la clientèle cible. Une musique inadaptée, trop agressive, trop démodée ou trop forte, peut produire l'effet inverse et réduire le temps passé en magasin. L'investissement dans une réflexion sur l'identité sonore de son commerce, au même titre que sur le design visuel, fait partie d'une stratégie de différenciation qui se construit sur le long terme.

FAQ diffusion radio et musique en commerce

La diffusion de radio en arrière-boutique (réservée aux employés) est-elle soumise aux mêmes droits ?
La SACEM distingue la diffusion "au public" (dans les espaces accessibles aux clients) de la diffusion dans des espaces strictement réservés au personnel. Une radio diffusée uniquement dans un vestiaire ou une salle de pause réservée aux employés, sans aucun accès client, n'est en principe pas soumise aux mêmes obligations qu'une diffusion en espace commercial ouvert. En cas de doute, contactez directement la SACEM pour obtenir une interprétation précise selon votre configuration. Les situations mixtes (réserve parfois traversée par des clients) sont traitées au cas par cas.
Peut-on diffuser de la musique libre de droits pour éviter de payer la SACEM ?
Oui, utiliser de la musique sous licence Creative Commons (avec des attributions compatibles avec un usage commercial) ou des musiques libres de droits du domaine public (oeuvres dont les auteurs sont décédés depuis plus de 70 ans) permet d'éviter les redevances SACEM. Des plateformes comme Free Music Archive, ccMixter ou Jamendo (en mode "libre") proposent de telles bibliothèques. L'inconvénient est la qualité et la diversité parfois limitées, ainsi que la vérification nécessaire du statut exact de chaque oeuvre. Pour un commerce avec une identité musicale soignée, les services professionnels avec droits intégrés restent souvent plus pratiques et sécurisants.
Que risque-t-on si l'on ne déclare pas la diffusion musicale à la SACEM ?
La SACEM dispose d'agents assermentés qui effectuent des contrôles dans les commerces, restaurants et espaces publics. En cas de constat d'infraction, les poursuites peuvent conduire à une condamnation civile (paiement des redevances dues sur plusieurs années + dommages et intérêts) voire à des sanctions pénales pour contrefaçon dans les cas les plus graves. Les montants réclamés en rattrapage incluent généralement les redevances impayées sur trois ans, les majorations de retard et les frais de procédure. Le coût d'une régularisation a posteriori est systématiquement supérieur à celui d'une déclaration préventive.

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