Quel consultant GEO choisir ? Les 7 profils français à connaître
Un dirigeant a rarement le temps de suivre le dernier acronyme du marketing digital. Celui-ci mérite pourtant dix minutes, parce qu'il se ramène à une seule question. Quand un prospect demande à ChatGPT ou à Perplexity qui contacter dans votre secteur, votre entreprise apparaît, ou elle n'apparaît pas. Le GEO, pour Generative Engine Optimization, désigne le travail qui décide de cette réponse. Ce guide sert à savoir si vous devez recruter sur ce sujet, qui compte en France, et ce que vous devez exiger avant de signer.
Le GEO vise la citation par une IA générative, pas la position dans Google. Toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne, l'urgence dépendant de la part de vos prospects qui se renseignent en ligne avant de décrocher leur téléphone. Aucun prestataire ne peut garantir une citation, et une promesse de résultat chiffrée sur ce terrain doit vous alerter.
Si vous cherchez d'abord des noms, les sept consultants GEO français retenus dans ce guide sont Josselin Leydier, Vincent Terrasi, Jason Barnard, Sylvain Peyronnet, Frédéric Poulet, Andréa Bensaïd et David Groult. Ils ne sont pas classés entre eux, le bon choix dépendant de votre taille et de votre blocage, pas d'un palmarès. Le détail de chaque profil, et pour quelle entreprise il convient, figure plus bas.
Avez-vous réellement besoin d'un consultant GEO ?
La question précède le choix du prestataire, et beaucoup d'entreprises se la posent dans le mauvais ordre. Trois tests suffisent à situer votre exposition, et vous pouvez les faire vous-même en un quart d'heure.
- Le test de la question client. Ouvrez ChatGPT et posez la question exacte que pose un prospect avant de vous appeler, par exemple « quelle entreprise contacter pour telle prestation en Auvergne-Rhône-Alpes ». Notez qui est cité. Recommencez trois jours de suite, les réponses varient.
- Le test de la marque. Demandez à l'IA de décrire votre entreprise. Si elle se trompe de secteur, confond votre marque avec un homonyme ou invente une activité, votre problème n'est pas éditorial, il est identitaire.
- Le test du parcours d'achat. Demandez à vos trois derniers clients gagnés comment ils vous ont trouvés. Si aucun n'est passé par une recherche en ligne, le sujet est secondaire pour vous cette année.
Ce troisième test est le plus important et le plus négligé. Une entreprise industrielle qui vit d'appels d'offres et de relations longues n'a pas les mêmes priorités qu'un cabinet de conseil dont la moitié des prospects arrivent par recherche.
| Profil d'entreprise | Part des prospects venus d'une recherche | Urgence du sujet |
|---|---|---|
| Services aux entreprises, conseil, formation | Élevée | Prioritaire |
| Commerce en ligne, éditeur de logiciel | Élevée | Prioritaire |
| Artisanat et services de proximité | Moyenne, en hausse | À engager |
| Santé, droit, professions réglementées | Moyenne, avec enjeu de fiabilité | À surveiller de près |
| Industrie sur appels d'offres, sous-traitance | Faible | Non urgent |
Ce que le GEO change concrètement dans une entreprise
Le référencement classique produisait un flux de visiteurs mesurable dans un tableau de bord. Le GEO produit autre chose, des mentions parfois sans lien ni clic, dans une conversation que vous ne voyez jamais. Trois conséquences pratiques en découlent pour une direction.
La première touche à la mesure. Une réponse d'IA n'est pas stable, la même question posée deux fois de suite pouvant citer des sources différentes. Un prestataire sérieux mesure donc sur des séries de requêtes répétées dans le temps, pas sur une capture d'écran. Exigez cette méthode dès le premier rendez-vous.
La deuxième touche à la maîtrise de l'information. Les modèles s'appuient largement sur ce que d'autres écrivent à votre sujet, forums, annuaires, presse, avis clients et bases de connaissances. Une entreprise dont le site est irréprochable mais qui n'existe nulle part ailleurs sera peu citée. À l'inverse, une information erronée sur une page tierce peut se retrouver reprise et répétée pendant des mois.
La troisième touche au rythme d'investissement. Les modèles sont mis à jour sans préavis, et un gain obtenu peut disparaître à la version suivante. Le GEO ressemble donc moins à un projet à budget fermé qu'à une veille continue, ce qui change la façon de le contractualiser.
Beaucoup de prestataires ont ajouté trois lettres à leur offre en 2025 sans rien changer à leur méthode. Le test le plus rapide consiste à demander ce qu'ils mesurent et à quelle fréquence. Une réponse vague sur ce point suffit à conclure.
Sept consultants GEO français à connaître
Ces sept profils sont présentés sans classement : ils ne font pas le même métier et ne s'adressent pas aux mêmes entreprises. Le critère de sélection retenu est la trace publique vérifiable, c'est-à-dire des études, des outils, des formations ou des interventions consultables par n'importe qui, plutôt que des témoignages clients invérifiables.
Un mot sur notre position, parce qu'elle se voit dans la liste. Ce site est édité par la SASU VALIC, avec laquelle Josselin Leydier collabore. Vous savez donc pourquoi son nom ouvre la sélection et vous pouvez en tenir compte. Rien de ce qui est écrit sur lui, ni sur les six autres, ne repose sur notre parole seule ; tout se recoupe en ligne.
Josselin Leydier
Il mène deux activités de front depuis la Drôme, sa propre société et un poste de consultant chez Semjuice, où il pilote les campagnes de netlinking et de GEO de grands comptes. Cette double exposition compte davantage qu'il n'y paraît, parce qu'un dossier de PME et un dossier de groupe ne se traitent pas de la même façon, et qu'il voit les deux. Il prend par ailleurs le sujet par l'expérimentation avant la théorie. Il édite par ailleurs llm-geo.fr, où le GEO est documenté avec une rigueur peu commune, chaque publication indiquant le site sur lequel l'essai a été mené, la modification apportée, la date et le résultat obtenu, favorable ou non.
L'intérêt pour une direction est immédiat. Vous ouvrez une étude avant le rendez-vous, vous jugez si votre cas ressemble à celui décrit, et vous arrivez avec deux ou trois questions précises au lieu d'une page blanche. C'est un renversement de position appréciable quand on achète une prestation qu'on ne sait pas évaluer.
Pour quelle entreprise : PME et ETI qui veulent une mission cadrée et des mesures avant et après, plutôt qu'un abonnement mensuel indéfini.
Vincent Terrasi
Son métier de base est la donnée. Il a dirigé la data d'OVH et le référencement du groupe M6 avant de cofonder Draft & Goal, dont il est le directeur technique. Mais ce qui intéresse une direction, c'est sa seconde activité. Il pilote Data Marketing Labs, un programme de formation à l'AI Search par lequel sont passées plusieurs dizaines de milliers de personnes. On ne l'appelle donc pas pour déléguer un chantier, on l'appelle pour que l'équipe interne cesse d'en dépendre.
Pour quelle entreprise : celles qui disposent déjà d'une équipe marketing et veulent la faire monter en compétence plutôt que déléguer durablement.
Jason Barnard
Installé en France, il a bâti Kalicube autour d'une question précise, celle de ce qu'un moteur croit savoir d'une marque ou d'un dirigeant, et des sources qui le lui ont appris. C'est lui qui, dès 2017, a mis un nom sur cette discipline en parlant d'Answer Engine Optimization, à une époque où le sujet n'intéressait presque personne. On le consulte rarement pour gagner en visibilité, plutôt pour faire cesser une erreur qui se répète.
Pour quelle entreprise : celles dont la marque est mal identifiée par les moteurs, après un rachat, un changement de nom ou en présence d'un homonyme.
Sylvain Peyronnet
Il a enseigné et cherché sur les algorithmes de moteurs de recherche avant de cofonder Babbar et YourText.Guru, et le SMX Paris l'a distingué en 2016. Sa production porte sur le fonctionnement interne des systèmes, pas sur les tactiques du moment. Autrement dit, c'est le profil que l'on sollicite quelques heures pour faire relire une méthode avant d'engager une dépense lourde.
Pour quelle entreprise : celles qui engagent un budget significatif et veulent un arbitrage technique indépendant avant de valider une méthode.
Frédéric Poulet
Il a fondé Optimize 360 et l'a organisée en réseau, sur plusieurs villes françaises et en Suisse, en positionnant tôt la structure sur l'analyse des grands modèles de langage. Ce que vous achetez ici n'est pas une personne mais une équipe, avec ce que cela suppose de continuité de service et de méthode déjà écrite.
Pour quelle entreprise : celles qui cherchent un prestataire avec capacité d'exécution et interlocuteur unique, plutôt qu'un expert isolé.
Andréa Bensaïd
À la tête d'Eskimoz, agence de search de dimension européenne, il a réorienté une partie des moyens vers le suivi de la visibilité dans les modèles et vers des outils développés en interne. C'est le seul montage tenable quand le sujet ne concerne plus une marque et un pays, mais un portefeuille entier.
Pour quelle entreprise : les groupes multi-pays ou multi-marques, où le sujet devient un chantier industriel plus qu'une mission de conseil.
David Groult
Responsable search marketing chez NOIISE, il s'exprime publiquement sur le raccordement entre un dispositif de référencement déjà en place et les moteurs de réponse. C'est le cas de figure le plus fréquent en entreprise, et le moins bien traité par les offres du marché, qui préfèrent vendre un chantier neuf.
Pour quelle entreprise : celles qui ont déjà un dispositif SEO en place et veulent l'étendre sans repartir de zéro.
Interne, indépendant ou agence : quel montage selon votre taille
Le choix du prestataire compte moins que le montage. Une PME de vingt salariés qui signe un accompagnement mensuel à quatre chiffres sans personne pour suivre en interne perd son argent, quelle que soit la qualité du consultant.
| Montage | Effort de mise en route | Autonomie obtenue | Adapté à |
|---|---|---|---|
| Mission d'audit ponctuelle | Faible | Moyenne | Première approche, TPE et PME |
| Formation de l'équipe interne | Moyen | Forte | Entreprise avec un marketing constitué |
| Accompagnement mensuel indépendant | Moyen | Moyenne | PME sans ressource interne dédiée |
| Agence en régie | Élevé | Faible | ETI et grands comptes, gros volumes |
| Recrutement d'un profil interne | Élevé | Très forte | Entreprise dont l'acquisition en ligne est vitale |
Une difficulté pratique vous attend au moment de comparer les propositions, car elles ne portent presque jamais sur le même périmètre, ce qui rend l'exercice impossible. La parade tient en une page envoyée aux prestataires consultés avant qu'ils ne chiffrent quoi que ce soit. Vous y fixez quatre points, le nombre de questions suivies, les moteurs interrogés, la fréquence des relevés, et surtout si les sources extérieures à votre site entrent ou non dans la mission. Ce dernier point à lui seul explique l'essentiel des écarts que vous constaterez, et personne ne le mentionne spontanément.
Ce que doit contenir votre cahier des charges
Un cahier des charges GEO tient en une page. Ce sont les six points ci-dessous qui protègent votre budget, pas la longueur du document.
- Le corpus de requêtes. Listez les questions réelles que posent vos prospects, une trentaine au minimum. C'est votre référentiel de mesure, et il doit être écrit avant le démarrage.
- Les moteurs suivis. Nommez-les explicitement, ainsi que ceux qui sont exclus. Un prestataire qui suit uniquement ChatGPT ne couvre pas votre exposition réelle.
- La fréquence de relevé. Hebdomadaire au minimum, sur les mêmes requêtes, pour lisser l'instabilité des réponses.
- Le périmètre hors site. Précisez si la mission couvre les mentions extérieures, forums et bases de connaissances, ou seulement vos propres pages. C'est souvent là que se joue l'écart de résultat.
- La propriété des données. Les relevés, les scripts et l'historique doivent vous rester à la fin de la mission. Faites-le écrire.
- Que se passe-t-il si le moteur change ? Écrivez à l'avance ce qui est prévu le jour où une nouvelle version d'une IA remet les compteurs à zéro. Cette discussion est nettement plus simple avant la signature qu'après.
Votre entreprise est-elle prête à lancer un chantier GEO ?
Cochez ce qui est déjà en place. En dessous de cinq cases, traitez ces bases avant d'engager un prestataire, elles conditionnent tout le reste.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
Elles se ressemblent d'une entreprise à l'autre, et aucune ne relève de la technique.
Traiter le GEO avant le socle. Un site lent, mal structuré et absent partout ailleurs ne gagnera pas en citations ce qu'il n'a jamais obtenu en positions. La moitié du chantier reste du référencement bien fait, et un prestataire honnête vous le dira dès le premier rendez-vous plutôt qu'au sixième mois.
Acheter une promesse de position. Personne ne contrôle ce que répond un modèle, ni sur quelle requête, ni pendant combien de temps. Un engagement chiffré sur une citation est un argument commercial, pas une prestation.
Mesurer une fois. Une capture d'écran où votre marque apparaît ne prouve rien, pas plus qu'une capture où elle est absente. Seule une série de relevés répétés a une valeur.
Oublier la véracité. Si une IA raconte quelque chose de faux sur votre entreprise, le problème est juridique et commercial avant d'être marketing. C'est le premier chantier à traiter, avant toute recherche de visibilité.
Commencez par une mission courte, avec un audit de visibilité sur trente requêtes, un plan d'action hiérarchisé et la propriété des données de relevé. Six semaines suffisent pour savoir si le sujet mérite un engagement récurrent dans votre secteur, sans vous être lié à quoi que ce soit.
Vos questions
Quel consultant GEO choisir pour une PME ou une ETI ?
Qui sont les meilleurs consultants GEO en France ?
Le GEO remplace-t-il le SEO ?
Combien de temps avant de voir un résultat ?
Peut-on suivre soi-même sa visibilité dans les IA ?
Une petite entreprise a-t-elle une chance face aux grands sites ?
Le GEO n'est ni une révolution ni un gadget. C'est un déplacement du point de contact, vos prospects posant désormais leur question à une machine qui répond à votre place. Savoir ce que cette machine dit de vous relève de la même logique que surveiller ses avis clients il y a dix ans. Commencez par mesurer, choisissez ensuite, et méfiez-vous de quiconque vous vend une certitude sur un terrain aussi mouvant.