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Où passer vos appels dans un open-space ?

9 min de lecture Mis à jour le 30 mai 2026
Où passer vos appels dans un open-space ?
Ce qu'il faut retenir

L'open-space multiplie les conflits entre besoin d'intimité téléphonique et nécessité de ne pas perturber les collègues. Les solutions s'organisent en trois niveaux : les aménagements légers (panneaux acoustiques, revêtements muraux), les équipements intermédiaires (capsules murales, suspensions) et les cabines autonomes (phone box, mini-salles). Le bon choix dépend de la surface disponible, du budget et de la fréquence des appels dans votre équipe.

Passer un appel professionnel dans un open-space expose à deux problèmes simultanés : déranger ses voisins de bureau avec une conversation qui les concerne encore moins, et risquer d'être entendu sur des sujets qui méritent la discrétion. Un appel avec un client mécontent, une négociation commerciale sensible, une conversation RH : autant de situations où l'intimité acoustique n'est pas un confort, mais une nécessité professionnelle.

L'open-space est aujourd'hui le format dominant dans les bureaux modernes, qu'il s'agisse d'espaces de coworking, de grandes entreprises ou de PME qui optimisent leurs mètres carrés. La question de la gestion du bruit et de la confidentialité téléphonique s'est donc imposée comme un sujet d'aménagement à part entière. Les solutions qui existent sont plus variées qu'on ne le croit, et certaines sont accessibles sans budget conséquent.

La phone box : la solution la plus complète

La phone box est une cabine autonome, totalement fermée, conçue pour être installée directement dans un espace de bureau ouvert. Elle s'inspire des anciennes cabines téléphoniques publiques mais intègre tous les éléments d'un micro-espace de travail : insonorisation haute performance, ventilation, éclairage, parfois une petite tablette de travail et des ports de charge USB.

L'insonorisation est le point fort de ces cabines. Les modèles sérieux atteignent des niveaux d'atténuation acoustique de 30 à 40 décibels, ce qui permet de tenir une conversation normale à voix normale sans que quoi que ce soit ne soit audible à l'extérieur. C'est une performance que n'atteignent ni les cloisons de bureau classiques ni les panneaux acoustiques suspendus.

Les cabines individuelles

Ces cabines accueillent une seule personne. Elles sont dimensionnées pour un usage ponctuel : passer un appel, tenir une courte conversation vidéo, s'isoler trente minutes pour un travail nécessitant de la concentration. Leurs parois sont généralement en verre traité ou en matériaux composites, souvent personnalisables selon la charte graphique de l'entreprise (couleur, revêtement intérieur, habillage extérieur).

L'investissement est significatif : une cabine individuelle de qualité coûte entre 3 000 et 8 000 euros selon les équipements inclus. Pour un espace de coworking ou une entreprise de plus de quinze collaborateurs avec une forte intensité d'appels, cet investissement est rapidement rentabilisé par la productivité gagnée et la disparition des tensions liées au bruit. Pour une petite équipe, le calcul est moins évident.

Les cabines « salle de réunion »

Ces modèles élargis accueillent deux à quatre personnes. Ils sont équipés de sièges, d'une surface de travail et parfois d'un écran pour les visioconférences. Ils servent à la fois pour les appels groupés, les réunions express entre collègues et les entretiens nécessitant une certaine confidentialité.

Ces cabines collectives s'avèrent particulièrement utiles dans les entreprises où les réunions informelles sont fréquentes mais où la salle de réunion principale est souvent occupée. Elles permettent d'absorber les besoins de coordination sans bloquer les espaces de réunion pour des échanges de cinq à quinze minutes.

Les capsules murales

Pour les open-spaces dont la surface ne permet pas d'installer une cabine autonome, les capsules murales constituent une alternative intéressante. Fixées au mur, elles couvrent le buste et la tête de l'utilisateur, créant une zone d'atténuation sonore partielle. Elles ne procurent pas la même discrétion qu'une cabine fermée, mais elles réduisent significativement la propagation du son dans les deux sens.

Leur encombrement est minimal, leur coût est inférieur à celui d'une cabine complète (souvent entre 800 et 2 000 euros selon les modèles et les finitions), et elles peuvent être installées en plusieurs points stratégiques d'un espace de bureau sans saturer l'espace au sol. C'est une solution adaptée aux appels courts qui ne nécessitent pas de confidentialité maximale.

Les panneaux acoustiques : l'option la plus accessible

Les panneaux acoustiques ne créent pas de séparation physique totale, mais ils modifient le comportement du son dans la pièce de façon significative. Fabriqués à partir de mousses ou de matériaux textiles à haute densité, ils absorbent les ondes sonores au lieu de les laisser rebondir sur les surfaces dures (murs, cloisons en verre, sols en béton ciré) qui caractérisent beaucoup d'open-spaces contemporains.

Les cloisons séparatrices entre postes de travail

C'est l'usage le plus répandu. Des panneaux de 60 à 120 centimètres de hauteur sont disposés entre les bureaux pour créer une zone de semi-intimité. Ils réduisent la transmission directe du son entre postes voisins et offrent un effet psychologique important : l'utilisateur ne voit plus directement son interlocuteur de bureau, ce qui l'incite à parler moins fort.

Ces cloisons sont disponibles dans une très large gamme de matériaux et de finitions. Les versions tissu sont les plus efficaces acoustiquement. Les versions en feutre recyclé allient performance sonore et aspect soigné. Certains fabricants proposent des configurations modulaires qui permettent de faire évoluer l'agencement sans travaux.

Les panneaux suspendus au plafond

Dans les espaces à plafond haut ou industriel, les panneaux suspendus constituent une réponse efficace. Ils sont fixés par câble ou par rail au plafond et descendent à hauteur de tête. Disposés en îlots ou en lignes, ils créent des zones acoustiques distinctes au sein d'un même espace ouvert sans nécessiter de cloisons au sol.

Leur intérêt esthétique est réel : les fabricants proposent des formes variées (rectangulaires, ovoïdes, rondes, en relief) et des gammes chromatiques larges. Ils peuvent s'intégrer à la décoration sans créer l'impression d'un aménagement technique. Pour un occupant qui passe son appel sous un de ces panneaux, la réduction de réverbération est perceptible et permet de parler à voix normale sans diffuser sa conversation à travers toute la pièce.

Les revêtements muraux absorbants

Appliquer des panneaux acoustiques sur les murs d'une zone de l'open-space permet de créer une alcôve semi-isolée sans construction. Cette zone peut être délimitée par deux ou trois murs traités acoustiquement. L'utilisateur s'y installe face au mur pour passer son appel, ce qui dirige sa voix vers la surface absorbante plutôt que vers l'espace de bureau.

Cette solution est particulièrement pertinente dans les open-spaces qui disposent d'une alcôve, d'un renfoncement ou d'une zone moins fréquentée. Le traitement acoustique du mur amplifie l'effet d'isolation naturel de la configuration architecturale. Le coût est inférieur à celui d'une cabine et les travaux d'installation sont légers.

Les dalles et suspensions phoniques au plafond

Certains open-spaces sont équipés de faux plafonds constitués de dalles à haute absorption acoustique. Ces dalles, souvent en laine minérale ou en matière mousse à cellule ouverte, réduisent la réverbération globale de la pièce. Le résultat est un niveau sonore ambiant plus bas, des conversations moins intelligibles à distance et un confort d'appel amélioré pour tous les occupants, sans aménagement localisé spécifique.

Les suspensions acoustiques combinent parfois fonction d'éclairage et absorption phonique. Suspendues au plafond comme des luminaires, elles contiennent un matériau isolant qui absorbe les sons dans leur périmètre immédiat. Leur forme ovoïde ou creuse est conçue pour optimiser cette absorption. En se plaçant directement sous l'une de ces suspensions pour passer son appel, l'utilisateur bénéficie d'une zone de moindre réverbération qui améliore la discrétion sans déplacer vers une autre pièce.

SolutionNiveau d'isolationEncombrementCoût indicatifIdéal pour
Cabine individuelle (phone box)ExcellentImportant3 000 à 8 000 €Appels fréquents, confidentiels
Cabine collectiveExcellentTrès important6 000 à 15 000 €Réunions express, visioconférences
Capsule muralePartielMinimal800 à 2 000 €Appels courts, espace limité
Cloisons entre postesModéréFaible200 à 600 €/posteRéduction globale du bruit
Panneaux suspendusModéréNul (plafond)300 à 800 €/panneauGrands espaces industriels
Revêtements murauxModéréFaible150 à 400 €/m²Alcôves et zones de repli

Choisir la bonne solution pour votre espace

Répondez à ces questions pour orienter votre choix d'aménagement acoustique.

Une phone box est-elle vraiment insonorisée ou simplement isolée ?
Les phone box de qualité atteignent une atténuation acoustique de 30 à 40 dB, ce qui correspond à une réduction très significative du volume sonore perçu à l'extérieur. Ce n'est pas une isolation totale au sens des studios d'enregistrement professionnels, mais c'est suffisant pour qu'une conversation normale soit inaudible à moins de deux mètres de la cabine. Le niveau de performance varie selon les fabricants et les gammes : vérifiez les valeurs d'affaiblissement acoustique (exprimées en dB) avant d'acheter.
Peut-on installer une phone box dans un espace de coworking partagé ?
Oui, et c'est même devenu un équipement standard dans les espaces de coworking professionnels. La gestion de l'accès peut se faire par réservation via une application ou simplement sur la base du premier arrivé. Certains espaces facturent un supplément pour l'accès aux cabines. Si vous gérez un espace de coworking, proposer cet équipement améliore significativement l'attractivité de votre offre auprès des indépendants qui passent des appels clients réguliers.
Les panneaux acoustiques réduisent-ils suffisamment le bruit pour les appels en visioconférence ?
Pour une visioconférence, les panneaux acoustiques seuls sont rarement suffisants si l'espace reste très animé. Ils réduisent la réverbération, ce qui améliore la qualité de votre voix côté microphone, mais ils ne suppriment pas les bruits de fond environnants (conversations voisines, téléphones, claviers). Pour les visioconférences importantes, une cabine collective ou une salle de réunion classique reste préférable. Les panneaux sont surtout efficaces pour les appels téléphoniques classiques avec un casque.
Existe-t-il des solutions temporaires ou sans travaux pour les petits budgets ?
Oui. Des paravents acoustiques sur roulettes permettent de créer une zone d'isolation ponctuelle sans aucun travaux. Des casques à réduction de bruit active améliorent l'expérience côté émetteur mais ne protègent pas les voisins du bruit de votre conversation. Définir une règle d'usage claire (ex. : couloir ou espace extérieur pour les appels de plus de 5 minutes) coûte zéro euro et règle une grande partie des tensions dans les équipes qui n'ont pas encore d'aménagement dédié.

La gestion acoustique d'un open-space est un vrai sujet de conditions de travail et de productivité. Une équipe qui perd du temps à chercher où passer ses appels, ou qui se retrouve en tension à cause du bruit, est une équipe moins efficace. Les solutions existent pour tous les budgets. Pour d'autres ressources sur l'organisation et l'aménagement en entreprise, retrouvez nos articles dans la rubrique Entreprise.

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