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Bien choisir ses chaussures de sécurité : normes et critères essentiels

8 min de lecture Mis à jour le 14 mai 2026
Comment bien choisir vos chaussures de sécurité ?

Les chaussures de sécurité font partie des équipements de protection individuelle (EPI) dont la fourniture incombe à l'employeur selon l'article R.4321-4 du Code du travail. Mais choisir les bonnes n'est pas une formalité : une chaussure inadaptée au poste de travail offre une protection insuffisante, tout en créant parfois une fausse impression de sécurité. À l'inverse, une chaussure suréquipée peut générer une gêne inutile et décourager le port effectif de l'EPI. Comprendre la classification européenne, les marquages complémentaires et les spécificités de chaque environnement de travail permet de faire un choix véritablement adapté.

L'essentiel

La norme EN ISO 20345:2022 est le référentiel européen pour les chaussures de sécurité. Elle définit des catégories (de SB à S5) basées sur les protections offertes. La base commune à toutes les catégories S est la résistance à l'impact sur l'orteil à 200 joules. Les marquages complémentaires (P pour la résistance à la perforation, WR pour la résistance à l'eau, M pour la protection métatarsienne, etc.) précisent les protections additionnelles. Employeurs et salariés peuvent consulter les fiches de poste et les documents uniques d'évaluation des risques (DUER) pour identifier les protections requises.

Les catégories de chaussures de sécurité et leurs protections

CatégorieProtections inclusesEnvironnements typiques
SBCoque de protection orteil 200J uniquementUsage basique, faible risque général
S1SB + antistatique + absorption énergie talon + zone ferméeIndustrie légère, logistique intérieure
S1PS1 + résistance à la perforation plantaireChantiers, palettes, sol avec clous
S2S1 + résistance à la pénétration de l'eauAgroalimentaire, nettoyage, milieu humide
S3S2 + résistance à la perforation + semelle crantéeBTP, travaux publics, milieux extérieurs
S4/S5Equivalent S1/S3 en caoutchouc ou polymère (bottes)Milieux très humides, agriculture, chimie

Comment choisir la bonne chaussure de sécurité pour votre poste

  1. Identifier les risques réels du poste de travail : La première étape est de consulter le document unique d'évaluation des risques (DUER) de votre entreprise et la fiche de poste correspondante. Les risques à couvrir peuvent être : chute d'objets lourds (coque nécessaire), perforation par objet pointu (semelle anti-perforation), glissance (semelle antidérapante), milieu humide ou chimique (résistance à l'eau, résistance aux agents chimiques), chaleur ou froid extrême (isolation thermique). Un même poste peut combiner plusieurs risques qui orientent vers des marquages complémentaires spécifiques.
  2. Comprendre les marquages complémentaires : Au-delà de la catégorie principale (S1, S2, S3), des marquages additionnels précisent des protections spécifiques. P indique une résistance à la perforation par les clous. M signale une protection métatarsienne. AN protège les malléoles. HI offre une isolation contre la chaleur du sol. CI protège du froid. WR indique une résistance à la pénétration de l'eau sans être une protection complète (contrairement à WRU). HRO résiste à la chaleur par contact (sols chauds jusqu'à 300°C pendant 60 secondes). Vérifiez que les marquages correspondent aux risques identifiés dans le DUER.
  3. Choisir le bon type de semelle de protection : La semelle intermédiaire anti-perforation peut être en acier (plus résistante mais plus lourde) ou en matériau composite (kevlar, textiles techniques, plus légère mais moins résistante aux perforations répétées et à la chaleur). Pour les postes exposés à des risques électriques, les semelles antistatiques ou isolantes répondent à des normes spécifiques. Vérifiez toujours la compatibilité entre les caractéristiques de la semelle et les conditions réelles d'utilisation avant de faire votre choix.
  4. Vérifier le confort et l'adaptabilité aux morphologies : Une chaussure de sécurité portée six à douze heures par jour doit être confortable sans compromis. Les critères de confort sont : la forme de la coque (acier ou composite, la composite est généralement plus légère et moins sujette à la condensation), la qualité de la tige (cuir pleine fleur, cuir nubuck, matières synthèses techniques), le système de maintien du pied (lacets, velcro, fermeture rapide), et la semelle intérieure amovible qui permet l'utilisation d'une semelle orthopédique sur prescription médicale. Ne négligez pas d'essayer les chaussures avec les chaussettes que vous portez habituellement au travail.
  5. Anticiper l'entretien et le remplacement : Les chaussures de sécurité ne sont pas éternelles. Une coque en acier déformée par un choc important n'offre plus la protection certifiée. Une semelle anti-perforation dégradée par des produits chimiques peut avoir perdu une partie de ses propriétés. La durée de vie indicative est de 12 à 18 mois pour une utilisation intensive, mais elle dépend de l'environnement et du soin apporté à l'entretien. Inspectez régulièrement vos chaussures et remplacez-les dès que les semelles sont usées, que les coutures sont fragilisées ou que des déformations visibles de la coque ou de la structure sont détectables.
Mise en garde

Le marché des chaussures de sécurité est traversé par des produits non conformes, vendus à bas prix et affichant des marquages CE sans avoir subi les tests de certification requis. Achetez toujours auprès de fournisseurs identifiés (grossistes en EPI, revendeurs agréés) et exigez la déclaration de performance (DoP) du fabricant, obligatoire pour tout EPI certifié CE. Une chaussure non certifiée n'engage que la responsabilité du fabricant en cas de dommage, pas celle de l'employeur qui ne peut pas être tenu pour responsable d'un équipement non homologué.

Checklist pour le choix de vos chaussures de sécurité

Cinq points à vérifier avant toute commande :

La question du confort sur les longues journées

Un EPI non porté est un EPI inutile. Or les chaussures de sécurité sont parmi les EPI les moins bien tolérés par les travailleurs sur de longues journées, souvent à cause d'une chaleur excessive à l'intérieur, d'un poids trop élevé ou d'une forme inadaptée à la morphologie du pied. Ces désagréments entraînent des problèmes musculo-squelettiques à long terme (tendinites, douleurs lombaires liées à une mauvaise posture compensatoire) qui représentent une part importante des arrêts de travail dans les secteurs industriels et du BTP.

La tendance de fond dans le secteur est à l'allègement : les coques en composite ou en aluminium remplacent progressivement les coques en acier traditionnel, et les semelles anti-perforation en fibres kevlar pèsent bien moins que leurs équivalents métalliques sans perdre en efficacité sur la plupart des risques courants. Les fabricants proposent aussi de plus en plus de modèles avec des technologies de semelle intérieure inspirées des chaussures de sport (amorti, retour d'énergie, gestion de l'humidité) qui améliorent significativement le confort sur de longues durées.

L'entretien pour prolonger la durée de vie des chaussures

Un entretien régulier prolonge la durée de vie des chaussures de sécurité et maintient leurs propriétés protectrices. Pour les chaussures en cuir, un nettoyage hebdomadaire avec un chiffon humide suivi d'une application de cirage ou de crème nourrissante adapté au type de cuir préserve la souplesse et l'imperméabilité de la tige. Évitez de les sécher directement sur une source de chaleur : la chaleur excessive fragilise les colles et peut déformer la coque.

La semelle intérieure doit être retirée régulièrement pour sécher et éviter le développement de bactéries responsables des odeurs. Certains fabricants proposent des semelles intérieures de rechange à tarif raisonnable, ce qui permet de prolonger la durée de vie du reste de la chaussure. Si la semelle extérieure est usée de manière inégale, c'est souvent le signe d'une mauvaise posture ou d'un problème podologique à corriger avec un podologue ou un médecin du travail.

Questions courantes

L'employeur est-il obligé de fournir les chaussures de sécurité gratuitement ?

Oui. L'article R.4321-4 du Code du travail dispose que les EPI sont fournis et entretenus par l'employeur, sans participation financière du salarié. L'employeur choisit les EPI dans le respect des normes applicables et ne peut pas imposer au salarié d'utiliser ses propres équipements. En cas de défaut d'EPI conforme, la responsabilité de l'employeur peut être engagée en cas d'accident du travail, avec un risque de faute inexcusable si ce manquement est établi.

Peut-on utiliser des chaussures de sécurité pour une activité différente de celle pour laquelle elles ont été conçues ?

Non, il est déconseillé de le faire. Chaque catégorie et chaque marquage correspond à des tests réalisés dans des conditions précises. Utiliser des chaussures S1 (conçues pour une utilisation en intérieur sec) dans un environnement humide ou avec risque de perforation expose à des blessures non couvertes par la protection certifiée. Le choix des chaussures doit toujours être corrélé à l'analyse de risques du poste, pas aux disponibilités en stock ou aux préférences personnelles.

Les chaussures de sécurité ont-elles une date de péremption ?

Les chaussures de sécurité n'ont pas à proprement parler de date de péremption imprimée, mais elles ont une durée de vie maximale recommandée qui varie selon le fabricant et les conditions d'utilisation. La plupart des fabricants recommandent un remplacement tous les 12 à 18 mois pour une utilisation quotidienne intensive. Certains matériaux utilisés dans les semelles anti-perforation (kevlar notamment) peuvent se dégrader au contact répété de produits chimiques même si la dégradation n'est pas visible à l'oeil nu. En cas de doute, le médecin du travail ou le service HSE peut conseiller sur la fréquence de remplacement adaptée au poste.

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