Comment fonctionne la retraite des indépendants ?
Contrairement aux salariés qui cotisent à un régime unifié (régime général de la Sécurité sociale et AGIRC-ARRCO), les travailleurs indépendants relèvent de régimes de retraite qui varient selon leur statut et leur profession. Un micro-entrepreneur, un consultant en SASU et un médecin libéral ne cotisent pas aux mêmes caisses et ne bénéficient pas des mêmes droits. Comprendre le fonctionnement de ces régimes est indispensable pour anticiper le niveau de pension future et prendre les bonnes décisions d'épargne complémentaire.
Les indépendants cotisent à la Sécurité sociale des Indépendants (SSI) pour la retraite de base (régime général depuis 2020) et à des caisses complémentaires spécifiques selon leur profession (CIPAV pour les professions libérales, CARMF pour les médecins, etc.). Le niveau de pension est généralement inférieur à celui d'un salarié à revenus équivalents. Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est le principal levier de complément.
Régimes de retraite selon le statut d'indépendant
| Statut | Retraite de base | Retraite complémentaire |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | SSI / Régime général | SSI complémentaire (faibles droits) |
| TNS (EURL, SARL gérant) | SSI / Régime général | SSI complémentaire |
| Assimilé salarié (SASU) | Régime général CNAV | AGIRC-ARRCO |
| Professions libérales | CNAVPL (régime de base) | Caisse spécifique (CIPAV, CARMF...) |
Préparer sa retraite d'indépendant étape par étape
- Identifiez votre régime obligatoire selon votre statut juridique et professionnel.
- Estimez vos droits futurs via votre relevé de carrière sur info-retraite.fr.
- Évaluez l'écart entre votre niveau de vie actuel et la pension estimée.
- Ouvrez un PER pour bénéficier de la déduction fiscale sur les versements.
- Révisez votre stratégie chaque année en fonction de l'évolution de vos revenus et de votre situation.
Le président de SASU est assimilé salarié et bénéficie donc du régime général et de l'AGIRC-ARRCO, à condition de se verser une rémunération imposée sur laquelle des cotisations sont prélevées. Un président qui se rémunère uniquement par dividendes n'accumule quasiment aucun droit à la retraite. Ce choix fiscal doit être pesé avec soin en regard des droits sociaux générés.
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Le régime de base des indépendants : fonctionnement par points
Depuis le 1er janvier 2020, les artisans, commerçants et industriels qui relevaient auparavant du Régime Social des Indépendants (RSI) sont intégrés au régime général de la Sécurité sociale. Leur retraite de base est désormais gérée par la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse), au même titre que les salariés. Le calcul de la pension de base repose sur les mêmes règles : trimestres cotisés, salaire annuel moyen des 25 meilleures années et taux applicable selon l'âge de départ.
Pour les professions libérales, la situation est différente. Elles relèvent de la CNAVPL (Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales) pour leur retraite de base, qui fonctionne par points : chaque euro cotisé permet d'acquérir un certain nombre de points, dont la valeur est revalorisée chaque année. Le nombre de points accumulés au moment du départ à la retraite, multiplié par la valeur du point, donne le montant annuel de la pension de base. Ce système diffère légèrement des trimestres du régime général mais converge vers des logiques similaires.
Les régimes complémentaires : des différences importantes selon la profession
C'est dans les régimes complémentaires que les différences entre statuts sont les plus marquées. Les artisans et commerçants disposent d'une retraite complémentaire SSI dont le niveau est structurellement plus faible que celui de l'AGIRC-ARRCO des salariés, à cotisations équivalentes. Les professions libérales disposent de caisses spécifiques (CIPAV pour la majorité des professions libérales non réglementées, CARMF pour les médecins, CNBF pour les avocats, RAFP pour les fonctionnaires contractuels) qui ont chacune leur propre mécanisme de calcul et leur niveau de prestations.
La CIPAV, qui gère la retraite complémentaire de la grande majorité des professions libérales en dehors des professions de santé et des professions juridiques et judiciaires, fonctionne par classes de cotisation. Le cotisant choisit une classe selon ses revenus, ce qui détermine le montant de sa cotisation et le nombre de points acquis. Ce système permet une certaine modulation mais impose une vigilance sur le niveau de classe choisi pour ne pas sous-cotiser par rapport aux revenus réels.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : le levier principal des indépendants
Le PER, créé par la loi PACTE en 2019, est devenu le principal outil d'épargne retraite des travailleurs indépendants. Il permet d'effectuer des versements volontaires déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel. Pour un travailleur non-salarié (TNS), ce plafond est particulièrement généreux : il s'élève au maximum à 10 % du bénéfice imposable de l'exercice précédent, augmenté de 15 % supplémentaires pour la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. En pratique, cela peut représenter plusieurs milliers d'euros de déduction fiscale chaque année.
Les fonds versés sur un PER sont investis dans des supports financiers (fonds en euros sécurisés, unités de compte) selon le profil de risque choisi. Au moment de la retraite, le titulaire peut récupérer son épargne sous forme de capital (en une fois ou progressivement) ou de rente viagère selon ce qui est le plus avantageux dans sa situation. La fiscalité de sortie dépend du mode de sortie choisi et de la nature des versements. Ce mécanisme est à étudier avec un conseiller financier pour optimiser l'arbitrage entre avantage fiscal immédiat et fiscalité à la sortie.
FAQ
Un micro-entrepreneur peut-il avoir une retraite correcte ?
Peut-on racheter des trimestres manquants ?
Quelle est l'âge de départ à la retraite pour les indépendants ?
La retraite des indépendants exige une planification proactive, les régimes obligatoires offrant généralement des niveaux de pension inférieurs à ceux des salariés à revenus équivalents. Le PER et une stratégie d'épargne adaptée permettent de combler cet écart. Plus d'articles sur la gestion financière des indépendants dans la rubrique Finance.