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Safran : salaires, recrutement et métiers d'un géant de l'aéronautique

7 min de lecture
Moteur d'avion en cours d'assemblage dans un atelier industriel

Quand un groupe industriel annonce vouloir embaucher entre 8 000 et 10 000 personnes par an dans le monde, dont 4 000 à 5 000 en France, sur la période 2026-2028, la question n'est plus de savoir si Safran recrute, mais de comprendre où, pour quels métiers, et à quelles conditions. Le groupe, né de la fusion entre Sagem et Snecma en 2005, est devenu l'un des tout premiers équipementiers aéronautiques et de défense mondiaux, porté par la réussite commerciale du moteur Leap qui équipe la majorité des monocouloirs Airbus et Boeing produits aujourd'hui.

À retenir

Safran emploie environ 100 000 collaborateurs dans le monde pour un chiffre d'affaires de 27,3 milliards d'euros en 2024. Le groupe s'organise autour de trois divisions principales : Propulsion (moteurs d'avions), Équipements et Défense (trains d'atterrissage, freins, systèmes de défense), et Aircraft Interiors (sièges et aménagements de cabine). Les trois divisions ont connu une croissance organique à deux chiffres en 2024.

Une géographie industrielle très structurée

Contrairement à des groupes de services où le siège concentre l'essentiel des effectifs, Safran est d'abord une entreprise industrielle dont les recrutements suivent la carte de ses usines et bureaux d'études. La région parisienne, avec les sites de Villaroche, Réau et Moissy-Cramayel, concentre l'ingénierie moteurs et une partie de la production de la division Propulsion. Toulouse et l'Occitanie accueillent les équipes dédiées aux équipements et à l'électronique embarquée, en cohérence avec la présence d'Airbus dans la région. Les Hauts-de-France, autour de Commercy, hébergent des activités de fonderie, tandis que la Nouvelle-Aquitaine, autour de Bordes, est historiquement liée à la production de turbines.

Cette dispersion géographique a une conséquence pratique pour un candidat : le bassin d'emploi visé détermine largement le type de poste accessible. Un ingénieur en calcul et simulation aura plus d'opportunités en région parisienne ou toulousaine, tandis qu'un opérateur qualifié en usinage ou en fonderie trouvera davantage de postes dans les Hauts-de-France ou en Nouvelle-Aquitaine.

Les métiers qui portent la croissance du groupe

Les profils les plus recherchés reflètent les grands défis industriels du secteur aéronautique actuel. Les ingénieurs en calcul et simulation, spécialisés en aérodynamique, en thermique ou en structures, travaillent sur la conception et l'optimisation des nouvelles générations de moteurs, dans un contexte où la réduction de la consommation de carburant et des émissions constitue un enjeu commercial et réglementaire majeur. Les ingénieurs procédés et industrialisation accompagnent la montée en cadence de production, un sujet critique alors que les carnets de commandes d'Airbus et Boeing dépassent largement les capacités de livraison actuelles des équipementiers.

À côté de ces profils d'ingénieurs, Safran recrute massivement des techniciens de maintenance aéronautique et des opérateurs qualifiés en usinage et assemblage, des métiers qui souffrent structurellement d'un déficit de candidats formés en France, ce qui pousse le groupe à investir dans ses propres dispositifs de formation et d'apprentissage. Enfin, la digitalisation des processus industriels et l'exploitation des données de vol pour la maintenance prédictive créent une demande croissante en experts data science appliqués à l'aéronautique, un segment de recrutement en forte tension sur le marché du travail français.

DivisionActivitéCroissance organique 2024Marge opérationnelle
PropulsionMoteurs civils et militaires, services associés+15 %20,6 %
Équipements et DéfenseTrains d'atterrissage, freins, systèmes de défense+17,7 %12,2 %
Aircraft InteriorsSièges et aménagements de cabine+25,2 %Encore inférieure au niveau de 2019

Ce que rapportent les métiers d'ingénieur chez Safran

Les grilles de rémunération de Safran suivent une progression classique par ancienneté et par niveau de responsabilité. Un ingénieur junior démarre généralement entre 37 000 et 44 000 euros bruts annuels, une fourchette qui progresse ensuite avec l'expérience, certains postes d'ingénieurs confirmés dépassant les 50 000 euros bruts annuels hors éléments variables. Au-delà du salaire fixe, la rémunération variable, liée à la performance individuelle et aux résultats du groupe, peut représenter l'équivalent de deux à quatre mois de salaire supplémentaires, un niveau d'intéressement significatif par rapport à d'autres grands groupes industriels français.

Point de vigilance

La forte dépendance du groupe au trafic aérien civil, mise en lumière par la crise sanitaire de 2020-2021, reste un facteur de cyclicité à connaître avant de s'engager sur le long terme. Si la situation actuelle est celle d'une demande exceptionnellement forte, portée par un renouvellement massif des flottes mondiales, un candidat doit garder en tête que le secteur aéronautique civil a déjà connu des ajustements d'effectifs brutaux lors de chocs exogènes.

  1. Candidature ciblée par site. Identifier le bassin d'emploi (Villaroche, Toulouse, Commercy, Bordes) correspondant au métier visé augmente sensiblement la pertinence de la candidature.
  2. Entretiens techniques. Pour les postes d'ingénierie, les entretiens incluent systématiquement une évaluation technique sur des cas concrets liés à la spécialité visée.
  3. Rencontre avec l'équipe opérationnelle. Le futur manager valide l'adéquation du profil avec les besoins précis du projet ou de la ligne de production concernée.
  4. Jobdatings et forums écoles. Safran organise régulièrement des sessions de recrutement collectives, notamment pour les profils d'ingénieurs et de techniciens, permettant un premier contact rapide avec les recruteurs.
Notre conseil

Pour les métiers en tension comme les techniciens de maintenance ou les opérateurs qualifiés, Safran a développé ses propres filières d'apprentissage en partenariat avec des centres de formation. Un candidat sans expérience directe dans l'aéronautique mais motivé pour se former a souvent davantage de portes d'entrée qu'il ne l'imagine, via ces dispositifs d'alternance qui débouchent fréquemment sur une embauche en CDI.

Défense, spatial et hydrogène : les nouveaux relais de croissance

Si le moteur civil Leap reste le produit le plus connu de Safran, le groupe s'est aussi renforcé sur les activités de défense, portées par la remontée des budgets militaires en Europe depuis 2022. La division Équipements et Défense fournit des systèmes optroniques, des drones et des équipements pour les forces armées françaises et alliées, un segment dont la croissance de 17,7 % en 2024 illustre la dynamique. Cette diversification crée des besoins de recrutement spécifiques sur des profils habilités à travailler sur des programmes soumis au secret de la défense nationale, une contrainte administrative supplémentaire pour les candidats visés par ces postes, qui doivent accepter une procédure d'habilitation avant toute prise de fonction.

Le groupe investit également dans les technologies de propulsion bas carbone, avec des travaux de recherche sur l'hydrogène et sur l'hybridation électrique des moteurs d'avion, en partenariat avec Airbus dans le cadre du programme européen de décarbonation de l'aviation. Ces activités de recherche et développement recrutent des profils de chercheurs et d'ingénieurs spécialisés en énergie, en électrochimie et en matériaux, des compétences qui n'existaient pas ou peu chez Safran il y a une dizaine d'années et qui témoignent de la diversification progressive des besoins du groupe au-delà du moteur thermique classique.

Un recrutement de plus en plus international

Si la France reste le premier pays de recrutement du groupe, Safran embauche également massivement aux États-Unis, où le groupe dispose de sites de production et de maintenance importants notamment pour les moteurs Leap co-développés avec l'américain GE Aerospace au sein de la coentreprise CFM International. Cette dimension internationale ouvre des perspectives de mobilité pour les salariés français les plus mobiles, en particulier sur les fonctions d'ingénierie et de gestion de programme, une opportunité que le groupe met en avant dans sa communication de recrutement pour attirer des profils en quête d'expérience internationale sans quitter un groupe français.

Questions fréquentes

Quels sont les principaux sites de recrutement de Safran en France ?
Les principaux bassins d'emploi sont la région parisienne (Villaroche, Réau, Moissy-Cramayel) pour l'ingénierie moteurs, Toulouse et l'Occitanie pour les équipements et l'électronique embarquée, les Hauts-de-France autour de Commercy pour la fonderie, et la Nouvelle-Aquitaine autour de Bordes pour les turbines.
Faut-il être ingénieur pour travailler chez Safran ?
Non. Si les ingénieurs représentent une part importante des recrutements, notamment en calcul, simulation et industrialisation, le groupe recrute également massivement des techniciens de maintenance et des opérateurs qualifiés en usinage et assemblage, souvent via des dispositifs d'apprentissage et de formation interne.
Quel est le salaire d'un ingénieur débutant chez Safran ?
Un ingénieur junior démarre généralement entre 37 000 et 44 000 euros bruts annuels, hors part variable. Cette rémunération variable, liée aux résultats individuels et collectifs, peut ajouter l'équivalent de deux à quatre mois de salaire supplémentaires selon les années.
Pourquoi Safran recrute-t-il autant ces prochaines années ?
La demande est portée par le renouvellement massif des flottes aériennes mondiales, le succès commercial du moteur Leap et la montée en cadence de production exigée par Airbus et Boeing, dont les carnets de commandes dépassent largement les capacités de livraison actuelles des équipementiers du secteur.
Écrit par Camille Vasseur Rédactrice, pilotage et gestion d'entreprise

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