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Analyse thermogravimétrique : principes, protocole et applications

7 min de lecture Mis à jour le 22 février 2026
Analyses thermiques : comment faire l'analyse thermogravimétrique d'un échantillon ?

L'analyse thermogravimétrique (ATG, ou TGA en anglais pour Thermogravimetric Analysis) est une technique d'analyse thermique qui mesure la variation de masse d'un échantillon en fonction de la température ou du temps. Lorsqu'un matériau est chauffé, il peut perdre de la masse par évaporation d'eau, décomposition de composés volatils, combustion ou réduction d'oxydes. Ces événements laissent des empreintes caractéristiques sur la courbe thermogravimétrique, permettant d'identifier et de quantifier les composants d'un matériau, d'évaluer sa stabilité thermique et de détecter des impuretés. L'ATG est utilisée dans de nombreux secteurs industriels et de recherche.

L'essentiel

L'analyse thermogravimétrique mesure les variations de masse d'un échantillon sous un programme de température contrôlé. Elle fournit des informations sur : la teneur en humidité, la stabilité thermique, la composition (proportions de chaque composant), la pureté et les températures de décomposition. Ces données sont précieuses pour le contrôle qualité des matières premières et des produits finis.

Le principe de l'ATG

L'appareillage d'ATG comprend une thermobalance (balance de haute précision), un four programmable, un système d'alimentation en gaz (air, azote, argon selon le type d'analyse) et un logiciel d'acquisition et de traitement des données. L'échantillon, généralement de quelques milligrammes à quelques dizaines de milligrammes, est placé dans un creuset (platine, alumine, graphite selon les conditions) posé sur la balance à l'intérieur du four.

La montée en température suit un programme prédéfini (isotherme, montée linéaire, rampes successives) pendant que la masse de l'échantillon est enregistrée en continu. La courbe obtenue (variation de masse en % en fonction de la température) est complétée par sa dérivée (DTG, Differential Thermogravimetry) qui indique les vitesses de perte de masse et permet d'identifier précisément les paliers de décomposition. Des systèmes ATG-DSC (analyse simultanée avec calorimétrie différentielle à balayage) et ATG couplée à un spectromètre infrarouge (ATG-IR) ou à un spectromètre de masse (ATG-MS) permettent d'identifier chimiquement les gaz émis lors des décompositions.

Technique ATGInformation obtenueCoût relatifApplications principales
ATG classiquePertes de masse, températuresFaibleStabilité thermique, teneur eau
ATG-DSC simultanéeMasse + flux thermiqueMoyenTransitions, enthalpies
ATG-IRIdentification des gaz émisMoyenDécomposition, polymères
ATG-MSMasse molaire des gazÉlevéAnalyse fine de volatils

Le protocole d'une analyse ATG

La réussite d'une analyse ATG commence par la préparation correcte de l'échantillon. La masse doit être représentative du matériau à analyser et adaptée à la sensibilité de la balance et à la taille du creuset. Pour les matériaux hétérogènes (mélanges, composites), un broyage homogénéisant peut être nécessaire avant l'analyse. La masse de l'échantillon influence aussi la résolution de la détection : une masse trop élevée peut masquer des événements de faible amplitude.

Le choix du gaz de travail est critique. Sous azote ou argon (atmosphère inerte), les dégradations thermiques se produisent sans oxydation, ce qui permet d'étudier la décomposition thermique seule. Sous air ou oxygène, les phénomènes d'oxydation sont inclus, permettant d'étudier la combustion ou la résistance à l'oxydation du matériau. Certaines analyses combinent les deux atmosphères en changeant de gaz à une température précise. Des laboratoires spécialisés comme Calnesis réalisent des analyses ATG sur devis avec interprétation des résultats pour les industriels ne disposant pas de l'équipement en interne.

Réaliser une analyse ATG en pratique

  1. Définir les objectifs de l'analyse
    Mesure de la teneur en eau, identification d'une température de décomposition, quantification d'un composant, évaluation de la stabilité thermique jusqu'à une température donnée. L'objectif détermine le protocole (atmosphère, rampe, gamme de température, masse d'échantillon).
  2. Préparer l'échantillon et le creuset
    Peser avec précision la quantité d'échantillon. Choisir le creuset adapté au matériau (platine pour les températures élevées, alumine pour les échantillons corrosifs, aluminium pour les basses températures). Tarer la balance avec le creuset vide avant introduction de l'échantillon.
  3. Paramétrer le programme de température
    Définir la température initiale (généralement ambiante), la rampe de montée (de 2 à 20 °C/min selon la résolution souhaitée), la température finale et les éventuels paliers isothermes. Les rampes lentes améliorent la résolution des événements proches en température.
  4. Purger avec le gaz de travail avant le début de l'analyse
    Faire circuler le gaz choisi pendant au moins 10 à 15 minutes avant de lancer le programme de température pour éliminer l'air résiduel et stabiliser les conditions atmosphériques dans le four.
  5. Interpréter les courbes avec rigueur
    Identifier les paliers de perte de masse (horizontaux), leurs températures de début et de fin, les pourcentages de perte. Utiliser la courbe DTG pour préciser les températures d'événement. Comparer avec des mesures de référence ou une base de données pour identifier les composants.
À noter

La reproductibilité des analyses ATG dépend de plusieurs facteurs : la représentativité de la prise d'essai, la constance des conditions atmosphériques, l'état du creuset (traces résiduelles d'analyses précédentes) et la précision de la balance. Des écarts de 1 à 2 % entre deux analyses sur le même matériau peuvent être normaux selon la technique. Une quantification précise nécessite une validation préalable avec des matériaux de référence certifiés.

Pour réussir votre analyse ATG :

Applications industrielles de l'ATG

L'industrie des polymères et des plastiques est l'une des plus grandes utilisatrices de l'ATG. Elle l'emploie pour déterminer les températures de dégradation thermique des polymères, évaluer les niveaux de charges minérales (fibres de verre, charges minérales), contrôler la teneur en plastifiant ou en additifs, et vérifier la conformité des matières premières aux spécifications d'achat. Une simple analyse ATG peut détecter une matière première frelatée en quelques heures.

Dans le secteur pharmaceutique, l'ATG permet de déterminer la teneur en eau ou en solvants résiduels des principes actifs et des excipients, de caractériser les polymorphes et les solvatats, et de valider la stabilité thermique des formulations. L'industrie cimentière et des matériaux de construction l'utilise pour mesurer les teneurs en calcaire, en argile et en eau de constitution des liants hydrauliques. Les secteurs de la céramique, du verre, du charbon et de la métallurgie ont également recours à cette technique pour leurs contrôles qualité.

Questions fréquentes

Quelle différence entre l'ATG et la DSC (calorimétrie différentielle à balayage) ?

L'ATG mesure les variations de masse de l'échantillon en fonction de la température. La DSC mesure les flux de chaleur échangés entre l'échantillon et une référence, sans information de masse. Les deux techniques sont complémentaires : la DSC détecte des transitions de phase (fusion, cristallisation, transitions vitreuses) sans perte de masse, que l'ATG ne voit pas. L'utilisation simultanée des deux (ATG-DSC ou analyse simultanée thermique STA) apporte une information plus complète sur le comportement thermique d'un matériau.

Peut-on analyser tous les matériaux par ATG ?

La grande majorité des matériaux solides peuvent être analysés par ATG. Des précautions particulières s'imposent pour les matériaux qui fondent avant de se décomposer (risque de débordement du creuset), les matériaux très volatils à température ambiante (perte de masse avant le début de l'analyse), et les matériaux réactifs avec l'atmosphère de travail ou le matériau du creuset. Les matériaux potentiellement explosifs ou inflammables nécessitent des précautions de sécurité spécifiques et sont parfois analysés sous atmosphère inerte uniquement.

L'ATG peut-elle remplacer d'autres techniques d'analyse chimique ?

Pas complètement, mais elle peut compléter et parfois remplacer certaines analyses quantitatives classiques. Par exemple, la teneur en calcaire d'un ciment peut être mesurée par ATG (perte par décarbonatation entre 600 et 800 °C) avec une précision comparable à l'analyse chimique classique. La teneur en eau peut être mesurée par ATG avec une précision supérieure à certaines méthodes gravimétriques classiques. En revanche, l'ATG ne fournit pas directement d'information sur la nature chimique des composés décomposés, sauf lorsqu'elle est couplée à l'IR ou au MS.

L'analyse thermogravimétrique est un outil d'investigation puissant et polyvalent. Sa maîtrise permet d'obtenir des informations quantitatives sur la composition et le comportement thermique des matériaux, indispensables dans de nombreux contextes de contrôle qualité et de recherche et développement.

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